mardi 31 octobre 2017

LE 31ÈME JOUR DU 10ÈME MOIS DE L'ANNÉE

Vous l'aurez compris, cet article portera sur Halloween (quelle originalité...) 
J'aime énormément cette fête même si je dois avouer que je ne sors pratiquement jamais de chez moi que ce soit pour aller chercher des bonbons — ou me rendre dans une rave à l'intérieur d'un sous-sol avec de la dark trap en bande son et une multitude gens déguisés en Charles (ou Marylin) Manson et autres personnalités sympathiques et rassurantes. Néanmoins, il s'agit pour moi d'un jour particulier pour plusieurs raisons. Halloween est une fête automnale, et donc le "point culminant" de la saison, ce qui lui confère une ambiance finalement assez romantique : les feuilles mortes, la nuit, le froid, les craquements, les plantes, les fleurs qui se flétrissent, et j'en passe. Curieusement, je ne trouve pas qu'il s'agisse réellement d'une fête qui célèbre la mort, mais d'un événement d'une vitalité extraordinaire. Le temps d'une nuit, les zombies côtoient les sorcières — qui, rappelons-le n'étaient pas vraiment les bienvenues quelques siècles plus tôt — des quantités astronomiques de bonbons sont absorbées par une bonne partie de la population de cette planète et la peur règne en maître. Je parle ici d'une peur volontaire, que l'on choisit de s'infliger une fois par an au moins, afin de se procurer des sensations fortes. D'ailleurs, dans la nouvelle Le Tic de Maupassant, la peur est associée à un sentiment positif, car elle redonne de la vitalité au personnage qui en est victime, et lui permet de sortir de son état d'inertie.
J'en ai donc profité pour réunir dans cet article quelques-uns de mes "classiques du jour", à commencer par cette petite playlist comprenant des chansons aux titres célèbres, évocateurs et finalement assez convenus, mais efficaces...



Nowhere, Gregg Araki, 1997
© Nowhere, Gregg Araki

Attention, film à manier avec précaution. Araki est un réalisateur déjanté, qui n'hésite nullement à atteindre un point de non retour dans son cinéma, que ce soit au niveau de la violence ou de l'idéologie des personnages. Le synopsis est une sorte d'imbroglio incroyable, entre la science fiction, la série Z et le teen movie, mais il s'agit par ailleurs d'une expérience cinématographique unique et indéniable.  Ce film suit l'histoire de Dark, adolescent tourmenté — comme son nom l'indique — et de ses aventures, toutes plus trash, loufoques et dramatiques que les autres. Au programme : hallucinations, hémoglobine, perversions en tout genre, monstre et friendzone.


Stoker, Park Chan-wook, 2013
© Stoker, Park Chan-wook

India Stoker est une adolescente tourmentée, dont le père vient de mourir. Son oncle Charlie vient s'installer dans la grande demeure familiale qu'elle habite désormais seule avec sa mère. L'intrigue est basique mais assez efficace, et comporte plusieurs rebondissements inattendus. Les différentes séquences sont toujours d'une esthétique à couper le souffle, qui ne fait que rehausser le mal-être et les troubles des personnages. Dans cette magnifique maison, chaque geste, chaque expression devient rapidement les éléments d'une pièce de théâtre macabre et incontrôlable.


Nouvelles histoires extraordinaires, Edgar Poe, 1857 (traduction de Baudelaire)
J'ai eu l'idée d'ajouter ce florilège de nouvelles bien connues à cette petite liste puisque je l'étudie cette année. C'est Baudelaire lui-même qui s'est chargé de la traduction et du choix des différents récits intégrés dans l'ouvrage. Il est assez extraordinaire de voir à quel point Poe jongle entre les registres : le grotesque, le gothique — dont il détourne parfois les codes — le fantastique... Chaque nouvelle est différente et se lie parfaitement à l'ensemble du recueil. Je vous recommande particulièrement Le masque de la mort rouge — un conte macabre sur la peste — Petite discussion avec une momie, relatant une conversation invraisemblable entre des scientifiques et une momie égyptienne revenue à la vie, ainsi que William Wilson, qui aborde le thème du double maléfique et La chute de la maison Usher, nouvelle extrêmement célèbre et sombre, comportant des thèmes aussi variés que l'art, la maladie et l'inceste, idéale pour passer une soirée joyeuse au coin du feu.


Balada Triste, Alex de la Iglesia, 2010
© Balada Triste, Alex de la Iglesia
Contrairement aux apparences, il ne s'agit pas d'un énième remake d'un certain livre au titre bref et évocateur, portant sur les clowns tueurs. Balada Triste est une fable grotesque sur l'amour, la mort et le franquisme, puisqu'il s'agit là du thème majeur du film. L'action se déroule dans un cirque et part d'une lutte violente entre le clown triste et le clown joyeux, dont les personnalités respectives ne sont pas forcément en accord avec leur rôle d'origine. La violence extrême de ce film souligne le traumatisme d'un pays marqué par des années de dictature et de répression. Le réalisateur se permet absolument tous les excès, pour le meilleur et pour le pire.


Grimoire de sorcières, Benjamin Lacombe et Sébastien Perez
© Grimoire de sorcières,
Benjamin Lacombe
et Sébastien Perez
Ce superbe livre d'illustration retrace l'histoire de quatorze femmes sorcières — aucun homme n'est présent dans ce recueil, c'est étrange — qui ont toutes des pouvoirs magiques bien précis. Présentées à la fois comme très fortes et vulnérables, ces femmes sont pour la plupart inspirées de personnages célèbres, réels ou légendaires (Monna Lisa, Jeanne d'Arc, Lilith, Méduse...), dont on découvre l'histoire au fil de pages agrémentées de dessins subtils et colorés et d'objets distinctifs, parfois à mille lieues de ce à quoi notre imagination débordante pourrait s'attendre.

1 commentaire:

  1. Félicitations Inès, j'ai toujours un immense plaisir à lire tes billets, qui mériteraient une vraie publication dans une revue...Continue, l'écriture te va si bien !

    RépondreSupprimer