mardi 4 juillet 2017

LE BEL ÂGE EN IMAGES #1 The Craft, Andrew Fleming, 1996

J'inaugure aujourd'hui une nouvelle série d'articles qui portera sur les teen movies (ou mon plaisir coupable cinématographique depuis quelques années déjà). J'ai donc décidé de présenter un film par article durant quelques temps — les vacances aidant, je pense me remettre à en regarder pas mal.
Tout d'abord quelques mots sur les teen movies, à titre d'introduction pour les néophytes qui pourraient éventuellement s'égarer sur ce blog : un teen movie est tout simplement un film portant sur l'adolescence, que ce soit de manière comique ou à l'inverse assez dramatique. Comme vous pourrez le voir tout au long de cette série d'articles, il s'agit d'un genre cinématographique plus ou moins léger et très varié (les films d'Araki ne sont en aucun cas comparables à ceux de John Hughes par exemple !). Teen movie ne veut pas dire soap ou comédie, au contraire, certains tendent davantage à faire passer un message aux adolescents susceptibles de les regarder. Ils ont commencé à devenir très populaires dans les années 50 avec l'apparition du rock n'roll et d'un vent de révolte — par exemple, Rebel without a cause (Nicholas Ray, 1955), le film qui a révélé James Dean, est considéré comme un teen movie culte.
Cet engouement pour l'adolescence portée à l'écran se poursuit dans les années 80-90, que l'on peut considérer comme l'âge d'or du teen movie, avec des films comme La Boum (Claude Pinoteau, 1980), The Breakfast Club (John Hughes, 1985), Dirty Dancing (Emile Ardolino, 1987) ou encore Edward Scissorhands (Tim Burton, 1990) pour ne citer que quelques titres très connus, dont tout le monde a entendu parler au moins une fois dans sa vie — ou visionné les DVD avec plaisir.

J'ai donc choisi de commencer cette série avec le premier film qui me vient à l'esprit lorsqu'on me parle de teen movies parce qu'il regroupe toutes les caractéristiques du genre : il s'agit de The Craft d'Andrew Fleming. Si vous êtes, comme moi, assez branchés witchcraft et années 90, vous devriez apprécier cette petite perle. Il s'agit d'un des teen movies les plus étranges que j'aie jamais vus, car il est clairement divisé en 2 parties (la deuxième étant la plus glauque, soit dit en passant), et il aborde des sujets graves comme par exemple le harcèlement scolaire.
L'histoire est plutôt simple : Sarah Bailey déménage dans une nouvelle ville avec son père et sa belle-mère. Elle se trouve très intriguée par trois filles de son lycée, Rochelle, Nancy et Bonnie, qui sont à la fois craintes et molestées par leurs camarades, car elles sont réputées pour être des sorcières. Elles accueillent Sarah au sein de leur petit groupe et celle-ci se révèle bientôt avoir des pouvoirs exceptionnels. Cependant, une série d'événements étranges survient, accompagnée de tensions au sein de la bande d'amies jusqu'ici tellement soudée.

The Craft, 1996 © Andrew Fleming

The Craft est de ces films dont le premier visionnage peut mettre mal à l'aise, parce qu'il dépasse l'horizon d'attente du spectateur lambda — dont je fais partie — qui pense avoir affaire à un gentil petit film de sorcières réservé aux adolescents. Certaines scènes sont dérangeantes, sans pour autant verser dans l'horreur car là n'est pas non plus l'objectif, et donnent une vision assez désespérée de l'adolescence. Je pense notamment à l'une des dernières scènes où l'un des personnage est cerné par des serpents, pouvant être interpétée comme une sorte de métaphore de cette période difficile, où il est à la fois compliqué d'être seul et peu aisé de trainer avec une bande. Cela est évoqué de manière assez explicite puisque peu à peu, le groupe d'amies rassurant se transforme en carcan étouffant pour Sarah, la principale protagoniste. Je trouve celle-ci très intéressante parce qu'elle ne sait pas réellement où se situer par rapport aux différents groupes de son lycée, elle ne fait pas partie des gens populaires mais elle a également des difficultés à s'intégrer parmi les outsiders, représentés par la fameuse "bande à Nancy", dont elle finira par se séparer. 

The Craft, 1996 © Andrew Fleming

Quelques mots sur Nancy, devenue culte que ce soit au niveau de son style vestimentaire ou de sa personnalité. Il s'agit du personnage le plus sombre de The Craft (même si, je le répète il s'agit d'un teen movie donc rien de bien méchant) et probablement le plus tourmenté puisqu'elle semble en proie à de graves troubles psychologiques — la fin du film ne lui fait d'ailleurs pas vraiment de cadeaux. C'est elle la meneuse de la bande, et elle semble présenter toutes les caractéristiques de la "méchante" sorcière telle qu'on l'imagine : cheveux noirs, mine patibulaire, regard inquiétant, bref, Nancy représente l'exact opposé de Sarah et la rend encore plus douce, ne serait-ce que lorsqu'elles apparaissent toutes les deux à l'écran. Rochelle et Bonnie, les deux autres filles du groupe, sont également intéressantes mais malheureusement moins mises en avant que Sarah ou Nancy. Je ne peux m'empêcher de divaguer un peu sur la garde-robe des personnages — un habile mélange entre le style écolière un peu trash, les robes longues rappelant vaguement Stevie Nicks, les sautoirs et chokers divers — où la traditionnelle couleur noire est évidemment de mise. Enfin, la bande originale est très réussie, avec entre autre une reprise de How soon is now version Love Spit Love (la chanson des Smiths restant un indémodable), ou encore Tomorrow Never Knows de Our Lady Peace. Le tout confère au film une atmosphère fidèle à l'époque où il a été réalisé, la fin des années 90, et caractéristique. The Craft est un film sur l'adolescence, qui se veut un peu grave et critique. Certaines scènes sont très réussies, comme le combat entre Sarah et Nancy, à l'atmosphère vaguement mystique, d'autres tombent à plat mais il n'empêche que The Craft reste un classique du teen movie à part entière.




Avec : Robin Tunney (Sarah Bailey), Fairuza Balk (Nancy Downs), Neve Campbell (Bonnie Hyper), Rachel True (Rochelle Zimmerman), Skeet Ulrich (Chris Hooker)...
Genre : drame, film fantastique
Sortie : 3 mai 1996 aux Etats-Unis
Durée : 101 minutes

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